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L'inflation fait grimper la demande et les coûts et sème le désarroi

L'inflation fait grimper la demande et les coûts et sème le désarroi

chien avec deux bénévoles

PRIORITÉS ET DÉFIS POUR LES ORGANISMES À BUT NON LUCRATIF AU TROISIÈME TRIMESTRE DE 2022

 

Le mois de juillet est généralement une période de l’année plus calme et plus lumineuse. Cette année cependant, le rythme des actualités ne semble pas vouloir ralentir. Le Sri Lanka est plongé dans une importante crise économique et politique, le Royaume-Uni connaît une importante vague de grèves, la guerre en Ukraine fait toujours rage, et de nombreux pays dans le monde sont aux prises avec des vagues de chaleur et des feux de forêt. Ici, au Canada, bien des gens ont de la difficulté à joindre les deux bouts, les hôpitaux et les aéroports peinent à fonctionner normalement, et de nombreux pans de l’économie sont touchés par la pénurie de main-d’œuvre. Et voilà que nous entrons dans une septième vague de COVID‑19 alors que peu de mesures de santé publique sont désormais en place.

Les organismes à but non lucratif, fidèles à eux-mêmes, travaillent d’arrache-pied pour offrir des services à leurs collectivités en ces temps difficiles. Dans ce billet de notre série, nous examinons certaines des macro-tendances qui touchent le secteur au troisième trimestre de 2022. 

L’inflation étouffe les OBNL

La hausse des coûts demeure une grande préoccupation pour le secteur. Selon la plus récente Enquête canadienne sur la situation des entreprises (ECSE), le pourcentage des OBNL qui s’attendent à une augmentation de leurs charges d’exploitation au cours des trois prochains mois est passé de 37 % au premier trimestre à 52 % au deuxième trimestre.1

Dans l’ensemble du secteur, les organisations sont durement touchées. Des sections locales de l’organisme Habitat pour l’humanité tentent de gérer l’augmentation du prix des matériaux de construction en utilisant des produits de substitution moins chers. De leur côté, des organismes d’aide alimentaire doivent absorber une hausse de 12 % à 114 % de certains produits alimentaires. Sans oublier le prix de l’essence qui exerce également une pression sur de nombreux OBNL. Par exemple, en Colombie-Britannique, la hausse du prix de l’essence complique le travail de sauvegarde des oursons de la Northern Lights Wildlife Society.

Crainte d’une récession imminente 

Afin de freiner l’inflation, la Banque du Canada a augmenté les taux d’intérêt de manière agressive au cours des derniers mois. De nombreux économistes sont d’avis que cette stratégie, combinée à la faible confiance des consommateurs due à la hausse des prix, entraînera une récession. 

Si plusieurs économistes prédisent une récession de courte durée, les OBNL risquent tout de même d’en ressentir les effets puisque les gens leur versent moins d’argent en dons et que les grands bailleurs de fonds se serrent la ceinture en réaction aux faibles rendements du marché. 

Besoins et désarroi en hausse partout au pays

Les difficultés économiques font augmenter la demande pour des programmes et des services offerts par des OBNL, tout en rendant plus coûteuse la prestation de ces programmes et services. Lors d’un récent sondage de Banques alimentaires Canada, un Canadien sur cinq a déclaré souffrir de la faim en raison de la hausse des coûts des aliments.

Cette augmentation de la demande ne touche pas seulement les organismes d’aide alimentaire. Vols d’espoir, un organisme de bienfaisance qui offre un service de transport aérien aux patients à faible revenu qui doivent parcourir de longues distances pour se rendre à leurs rendez-vous médicaux (article en anglais), travaille d’arrache-pied pour répondre aux besoins croissants, de plus en plus de personnes à faible revenu ayant besoin de ses services pour se payer des voyages de nature médicale, tandis que les gouvernements, de leur côté, tentent d’éliminer les retards dans les soins de santé créés par la pandémie. Au deuxième trimestre de l’année, 37 % des OBNL ont déclaré s’attendre à ce que la demande augmente au cours des trois prochains mois, comparativement à seulement 21 % il y a un an.2

Malheureusement, on constate déjà un désarroi croissant chez les individus qui pourrait se traduire par une augmentation du harcèlement et de tous les types de violences à l’endroit des travailleurs et travailleuses du secteur sans but non lucratif. Parachutes for Pets, un OBNL de Calgary qui offre aux familles à faible revenu des ressources et du soutien pour prendre soin de leurs animaux de compagnie, rapporte des cas de vandalisme, de violence verbale à l’égard des bénévoles et de clients qui leur lancent des objets (article en anglais). Avec la crise de santé mentale qui se profile à l’horizon et la pression financière toujours plus forte sur les familles, il se peut que les membres du personnel de première ligne de nombreuses organisations constatent une recrudescence des comportements irrespectueux de la part des bénéficiaires de leurs services. Hélas, cette tendance risque d’envenimer la crise de la main-d’œuvre dans le secteur sans but lucratif puisqu’elle aura pour effet de rendre les emplois en première ligne moins attrayants. 
 

Heures supplémentaires du personnel du secteur sans but lucratif

Plus de la moitié (54 %) des organisations déclarent que les membres du personnel seront appelés à faire des heures supplémentaires au cours des trois prochains mois en raison de la pénurie de main-d’œuvre actuelle.3 Voilà qui pose un grand risque d’épuisement professionnel et de roulement du personnel accru.  

De plus, 41 % des OBNL déclarent qu’ils devront probablement embaucher des personnes moins compétentes pour pourvoir les postes vacants. Plus inquiétant encore, 18 % prévoient de réduire les biens et les services qu’ils offrent,4 ce qui témoigne de l’impact tangible de la pénurie de main-d’œuvre sur les communautés que le secteur sert.

Dernières observations 

Il ne fait aucun doute que nous vivons une période difficile, tant à l’échelle du secteur que dans le monde en général. Jamais la nécessité d’avoir un secteur sans but lucratif robuste pour s’attaquer aux enjeux sociétaux n’a été aussi évidente. Heureusement, le secteur fait tout ce qu’il peut pour relever ce défi, et ce, malgré tous les obstacles qui se dressent devant lui. Face à la hausse de la demande, 23 % des OBNL planifient d’élargir leur offre de services cette année.5 Quelque 67 % des OBNL indiquent avoir adopté des pratiques innovantes pendant la pandémie pour s’adapter au contexte économique engendré par la COVID‑19, soit 16 % de plus que les entreprises à but lucratif.6 Quoi qu’il en soit, le secteur sans but lucratif a plus que jamais besoin du soutien continu de ses partenaires et bailleurs de fonds pour pouvoir continuer à offrir le même niveau de service aux collectivités, aujourd’hui et à l’avenir. 

 

 

1 Statistique Canada. Tableau 33-10-0503-01: Attentes des entreprises ou des organismes pour les trois prochains mois, deuxième trimestre de 2022 et Tableau 33-10-0468-01: Attentes des entreprises ou des organismes pour les trois prochains mois, premier trimestre de 2022

2 Statistique Canada. Tableau 33-10-0503-01: Attentes des entreprises ou des organismes pour les trois prochains mois, deuxième trimestre de 2022 et Tableau 33-10-0337-01: Attentes des entreprises ou des organismes pour les trois prochains mois, selon les caractéristiques de l’entreprise, deuxième trimestre de 2021.

3 Statistique Canada. Tableau 33-10-0505-01: Répercussions prévues des obstacles en matière de main-d’œuvre sur l'entreprise ou l'organisme au cours des trois prochains mois, deuxième trimestre de 2022.

4 Statistique Canada. Tableau 33-10-0505-01: Répercussions prévues des obstacles en matière de main-d’œuvre sur l'entreprise ou l'organisme au cours des trois prochains mois, deuxième trimestre de 2022.

5 Statistique Canada. Tableau 33-10-0517-01: Changements que l'entreprise ou l'organisme prévoit apporter au cours des 12 prochains mois, deuxième trimestre de 2022.

6 Statistique Canada. Tableau 33-10-0524-01: L'entreprise ou l'organisme a mis en place des innovations en réponse à la pandémie de COVID-19 ou aux conditions qu’elle a occasionnées depuis 2020, deuxième trimestre de 2022.

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